Dernier ajout : 4 novembre 2012.
Aichetou est née dans le désert mauritanien où elle connut l’antiquité des tribus bédouines dans son Trarza natal, une antiquité qui l’a marquée à jamais et qui l’a « protégée contre l’imbécilité humaine », soutient-elle.
En 1974, un destin inattendu l’a conduite au collège et au lycée de jeunes filles Paul Bert, en face du Select où Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre passaient une grande partie de leur temps. Trop petite, elle s’était limitée à observer ces idôles, ces semi-dieux, de loin. Elle en parle beaucoup dans son "Impossible retour" : "La Nausée" ayant été sa Bible préférée...
Après son baccalauréat et des études en Histoire à Paris IV, elle suit un Ligure dans la Péninsule puis en Ethiopie, une partie de son vécu exposée dans La "Ligurienne est partie", son deuxième récit.
De retour en Gaule, Aichetou s’installe dans la « Cité des femmes » (voir également "L’impossible retour"). Ses études d’Histoire romaine (sur la révolution gracchienne) achevées, elle tente son "Impossible retour" dans son désert. Elle épouse un des derniers chefs de tribu vivant à Paris, Akbar. Mais cette aventure ne dure qu’une semaine, le temps de penser son premier récit. Elle regagne aussitôt la capitale de Beauvoir où elle commence une catharsis qui se poursuit.
Aichetou a écrit essentiellement des récit engagés où elle parle de la femme (une lecture trop passionnée et non digérée de l’auteur de "Soleil et Chair" ?). Elle parle aussi de sa vie militante parisienne des années soixante-dix, de sa passion pour la grande Révolution, « l’unique », dit-elle. Cette catharsis finit par englober tout le vécu de l’auteur, la transformant en un journal où l’on trouve aussi bien des tableaux de sa vie professionnelle mouvementée, de sa Renault 5 qui la lâchait souvent sur le périphérique, sa relation torturée avec le fisc, de ses vies dans les piscines de la Capitale et de sa relation complexe avec toutes les bières du monde...
Dans la nouvelle, "En attendant ses dix-huit ans", Aichetou, centre son temps sur sa Ligurienne. L’année du Bac de son « bébéE » qui devient une adolescente prête à s’émanciper au grand dam de l’auteur.
Cette pause n’empêche pas la publication d’un récit dramatiquement ironique sur "La Fin des Esseulées", ces jeunes femmes si idéalisées qui animaient le campement du Trarza.
L’auteur a vécu dans une société de castes où les esclaves partageaient le peu qui n’était pas utile aux bêtes laitières avec leurs maîtres : les tempêtes de vent du désert les obligeant à une soidarité forcée. Dans cette antiquité-là, comme dans toutes les autres, l’esclavage était naturel. C’est dans "Rabia est arrivée" et "Cette légendaire année verte" que l’on peut trouver les textes consacrés à cet aspect de la vie maure avant la sédentarisation. L’auteur soutient qu’elle a peint tous les aspects de l’esclavage avec une objectivité totale : n’était -elle pas très jeune quand elle quitta ce monde pour la Capitale de Robespierre où « Voltaire n’était pas antiesclavagiste car il n’avait jamais vu un esclave » ? Sur ce plan l’auteur s’explique dans un avant-propos qui introduit "Rabia est arrivée"...
Actuellement, après une pause inhabituelle, pause de trois ans, elle écrit un recueil de textes, sans doute la partie la plus nostalgique de toute son œuvre parce que consacré à son Trarza natal. Ce dernier silence était lié probablement lié à la « fugue » de la Ligurienne dans sa Péninsule natale et à celle de sa poétesse, son amie adorée, Bernadette qui fit la préface de "L’Impossible retour". Bernadette Bernadette retrouvée, la Liguirienne revenue, la catharcis peut reprendre : "Les Esseulées" et bientôt...
Paris le 21 décembre an 1